Charles Baudelaire

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps! levons l'ancre!
Ce pays nous ennuie, ô Mort! Appareillons!
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre,
Nos coeurs que tu connais sont remplis de rayons!

Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte!
Nous voulons, tant ce feu qui nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe?
Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau!


 


Les Fleurs du mal
 

Voici une adresse d'un intérêt certain sur Baudelaire :
 

 http://www.alalettre.com/baudelaire-intro.htm

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Beaudelaire, Charles (Paris, 1821 - Paris, 1867). Il a sept ans lorsque sa mère, veuve en 1827, se remarie avec le commandant Aupick, futur général et ambassadeur de France, bête noire du jeune Baudelaire et auprès de qui il sera enterré. Après des études à Lyon puis à Paris, au lycée Louis-le-Grand, il est contraint par sa famille, inquiète de son caractère bohème, à un long voyage en voilier qui le conduit en 1841 jusqu'à l'île Maurice. Il en résultera chez le poète un goût marqué pour l'exotisme et des ébauches de poèmes, plus tard remaniés et repris dans les Fleurs du mal. De retour en France, il se lie avec Théophile Gautier, Théodore de Banville et Sainte-Beuve et commence à publier sous divers pseudonymes des poèmes et des articles littéraires. Ayant sérieusement entamé l'héritage de son père qui lui a été remis à sa majorité, il se voit doté en 1844 d'un conseil judiciaire dont il soufrira jusqu'à la fin de sa vie. Ses premières publications sur les salons de peinture, en 1845 et 1846, manifestent déjà le sérieux et la rigueur de son jugement critique. De cette même époque date son immense admiration pour l'oeuvre d'Eugène Delacroix, auquel il consacrera plus tard quelques-unes de ses pages les plus pertinentes. Sa longue liaison avec Jeanne Duval, la belle quarteronne, qu'il appellera sa « Vénus noire », ne lui interdit pas d'autres attachements pour des femmes du monde, ainsi la froide Mme Sabatier en qui il pensera trouver son « ange gardien ». En 1847, la lecture d'Edgar Poe lui révèle sa fraternité d'âme avec l'écrivain américain. Pendant dix-sept ans, Baudelaire s'attachera à l'oeuvre de Poe dont il donnera une traduction admirable. Il travaille longuement à la mise en forme de son recueil de poèmes, les Fleurs du mal,qui paraît finalement en 1857 et qui s'attire aussitôt les foudres de la censure impériale. Condamné en correctionnelle, Baudelaire ampute l'ouvrage de six poèmes considérés par le tribunal comme inconvenants ou obscènes. Malgré les encouragements de quelques écrivains amis, Baudelaire est vivement affecté par le verdict. Il travaille néanmoins à une seconde édition des Fleurs du mal (1861), qu'il enrichit de trente-cinq poèmes nouveaux. Après un essai infructueux de candidature à l'Académie française en 1862, il écrit encore deux études magistrales sur la peinture, l'une consacrée à Delacroix, l'autre à Constantin Guys. Déçu par ses différents échecs, miné par la maladie et démuni de ressources, il quitte Paris pour s'installer à Bruxelles où, deux années durant, il mène une vie difficile et tourmentée. Il s'applique toutefois à l'achèvement de ses Petits Poèmes en proseainsi qu'à une satire féroce sur la Belgique, lorsqu'il est terrassé par une attaque de paralysie à Namur en 1866. Privé de l'usage de la parole mais ayant gardé toute sa lucidité, il est ramené à Paris où il survivra un an, entouré par ses amis Nadar,Banvile et Leconte de Lisle. Ses oeuvres critiques et l'édition définitive de ses poèmes ne paraîront qu'après sa mort. La postérité seule a rendu justice à ce grand poète du déchirement et du spleen.

Ces textes sont tirés de: Sélection du Reader’s Digest, Les plus belles pages de la poésie française, Montréal, 1985, pp.472,797 et 798.

  

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